Lire, par Olivier THIBAUD
- Olivier THIBAUD
- 15 mai 2024
- 6 min de lecture

Tu dois m’appeler Majesté
Par Patrick-Edouard Bloch
158 pages
En associant la France aux commémorations des 70 ans de la bataille de Diên Biên Phu et en prenant part au XIXème Sommet de la Francophonie (Villers-Cotterêts et Paris les 4 et 5 octobre 2024) le Vietnam témoigne d’une volonté de rapprochement des deux pays.
C’est l’occasion d’évoquer le destin du dernier des treize empereurs du Vietnam de la dynastie des Nguyen (1802 – 1945).
Dernier des treize enfants de l'empereur Bao Dai du Vietnam (1913-1997), Patrick-Édouard Bloch est né en France 1958 à Strasbourg.
Il relate, dans un récit autobiographique, sa vie marquée par la révélation mystérieuse de ses origines pendant son enfance.
Très proche de son père, il l'a accompagné jusqu'à sa disparition.
Au cours de leurs discussions, Bao Dai s'est confié à son dernier fils sans détour, de manière simple et naturelle, sur sa vie, son règne mais aussi sur des aspects politiques et philosophiques, éclairant ainsi les sentiments et les idées personnelles de l'Empereur qui, durant toute son existence, a affiché réserve et discrétion.
Patrick-Édouard Bloch vit toujours en Alsace, région qu'affectionnait particulièrement son père.

Nam Phuong, première épouse de l'empereur Bao Dai à l’âge de 18 ans. La dernière impératrice d’Annam a étudié au couvent des Oiseaux, une école aristocratique catholique située à Neuilly-sur-Seine en France.
Les autorités vietnamiennes vont lui consacrer un film historique.

L’art est une partie de plaisir
Par Sylvana Lorenz
Editions L’Archipel
193 pages
Voici un ouvrage savoureux !
Le récit autobiographique de celle que d’aucun nomment « Madame Cardin ».
« La vie était une fête que nous vivions sans comprendre que nous écrivions l'histoire de l'art, » nous confie la très pétillante écrivaine.
L'existence de Sylvana Lorenz est un happening perpétuel !
Tout commence à Nice, en 1968, dans la boutique de Ben, dont la façade composée d'objets hétéroclites proclame :
« Tout est art ».
Encore adolescente, elle en ressort avec un bout de ficelle qu'il considère comme l'une de ses oeuvres.
Il la rassure :
« Ce n'est pas l'objet qui importe, c’est l’idée. »
Initiation à l’art conceptuel.
Quinze ans plus tard, marchande, experte, puis galeriste, la voilà devenue actrice privilégiée d'une scène artistique en plein boom.
Jamais on n'avait vu en France autant d'expositions consacrées aux nouvelles tendances.
Figuration libre, Nouveaux Fauves, Street Art, Néo-Géo, art numérique, vidéo, performances… rien ne lui échappe.
Elle fréquente – excusez du peu – Ben, César, Arman, Basquiat, Keith Haring, Combas, Armleder, Jeff Koons, Fred Forest :
avec ces créateurs, ses relations furent tantôt joyeuses, tantôt houleuses, toujours fructueuses.
Ces années d'effervescence, Sylvana Lorenz les a vécues en pleine lumière.
Artiste de la communication, mêlant vie privée et vie professionnelle, elle raconte ses artistes, ses amours, ses emmerdes, mais aussi ses années télé, avec un franc-parler qui l'a toujours distinguée dans un milieu dont l'extravagance n'a d'égale que le secret.
Née en 1953, Sylvana Lorenz a longtemps été galeriste dans le Marais, à Paris, avant d'être nommée responsable de la communication de l'Espace Cardin en 1998.
Elle a consacré un récit, « Madame Cardin » (L'Archipel, 2021), au grand couturier qu'elle a côtoyé pendant quarante ans.

Un espoir rêvé
Par Roukiata Ouedraogo
Editions Rageot
288 pages
Nous avons adoré « Du miel sous les galettes » prix MOKANDA de la Presse Panafricaine
… vous aimerez « Un espoir rêvé » !
Voici que Roukiata Ouedraogo nous revient avec un roman aux accents d’actualité.
Ella et Lamine se rencontrent dans un camp de réfugiés au Burkina Faso.
IIs ont fui leur village, lui à cause des inondations et des persécutions, elle pour échapper aux kalachnikovs des djihadistes.
Certain que leur avenir est ailleurs, Lamine propose à Ella de partir avec lui.
Elle ne peut se résoudre à quitter sa famille Mossé, qui voit d’un mauvais œil sa relation sentimentale avec le jeune Peul.
Lamine s’en va seul.
De l’Afrique de l’Ouest à l’Europe tant idéalisée, il connaît tous les dangers :
le franchissement de frontières où les passeurs le dépouillent, l’esclavage en Libye, la traversée chaotique de la Méditerranée.
Au camp, Ella, elle, fonde une petite école pour aider les enfants réfugiés.
Arrivé en Italie puis en France, Lamine survit vaille que vaille. Finalement, une association et ses bénévoles lui permettent d’obtenir la nationalité française.
Quelques années après, il revient au Burkina Faso avec des enseignants et des ONG internationales qui examinent le projet éducatif de la jeune fille.
Au camp, ses espoirs rejoindront-ils les rêves d’Ella ?
Française d'origine burkinabé Roukiata Ouédraogo est comédienne.
Autrice, chroniqueuse radio, elle est très engagée auprès d'associations luttant pour l'éducation, la santé, contre l’excision et les violences faites aux femmes.

Roukiata Ouédraogo reçoit son trophée du Prix de la Presse Panafricaine MOKANDA des mains de la journaliste Ambre Delcroix

Des femmes guettant l’annonce
Par Fedwa Misk (scénariste) et Aude Massot (dessinatrice)
Editions Sarbacane
156 pages
Sa grossesse, Lila ne l'a pas désirée et elle souhaite l'arrêter.
Tombée enceinte en plein débat national sur l’avortement au Maroc où c'est illégal, Lila, une jeune femme, est à la recherche d’une solution pour arrêter sa grossesse.
Accompagnée de son amie Nisrine, militante féministe, elle rencontre dans un cabinet gynécologique, Malika, épouse et déjà mère de cinq enfants.
La pression des autorités marocaines sur les praticiens va pousser les trois femmes à entreprendre un road-trip aussi éprouvant et dangereux que rocambolesque, à la recherche d’une solution rapide et définitive, tout en guettant la décision du gouvernement sur l’avortement.
Mais si, pour la forte Malika, le choix paraît évident, ce n’est pas sans hésitations qu’y pense la jeune Lila, au grand dam de Nisrine la féministe !
Un lien intime va peu à peu relier les trois femmes, chacune acceptant au cours du voyage de partager une part de ses secrets et de raconter ses blessures…
Les trois femmes s'embarquent dans un road-trip à travers le pays, aussi éprouvant que burlesque, pour trouver une solution rapide et définitive...

Vision & grandeur du peuple Bamoun
Par Samuel René Pefoura et Serges Ngouga
162 pages
Sous-titré « Du temporel à l’intemporel » les auteur nous proposent tableaux et textes sur l’histoire, la culture et la vie quotidienne du peuple Bamoun.
Les Bamouns sont un peuple d'Afrique centrale établi à l'ouest du Cameroun, dans la région du Grassland où vivent également les Bamilékés et les Tikar, proches d'eux par leurs ancêtres communs, leurs structures sociales voisines et leurs langues.
En observant de près les tableaux du peintre de Cayenne, c’est toute l'histoire de la peinture de plus de deux siècles qui est mise en exergue.
A travers ses tableaux et textes, Vision & grandeur et du peuple bamoun se veut une trace indélébile des gardiens intemporels de ce peuple multiséculaire.
Avec un instinct créatif qui part de lbrahim Njoya (1) en passant par Paul Gauguin, à Picasso, Samuel René Pefoura a voulu revisiter dans cet ouvrage l'histoire singulière du peuple bamoun dans la vision de ses rois bâtisseurs.
Par des textes de libre inspiration, Serges Ngounga prolonge la vision de l'œuvre de Sampef (Samuel René Pefoura) et nous invite à la découverte de l'un des rares peuples en Afrique qui a su et a pu - malgré le contact avec l'Occident - maintenir son originalité, son authenticité livrant au XXIème siècle la vision de ses pères fondateurs ainsi que la grandeur de sa civilisation
(1) Ibrahim Njoya, roi des Bamouns (ouest du Cameroun), règne de 1889 à 1933.
Njoya se sert l'alphabet Bamoun pour la mise en place d’une administration (état-civil, fiscalité, justice, archives).
Le roi Njoya favorise l’essor des arts et des techniques et l’épanouissement culturel.
Il fit construire un palais à Foumban, inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO.
Vers 1915, il crée une religion nationale inspirée par l’islam, le christianisme et les croyances traditionnelles, dont les fondements sont inscrits dans le Nwouot nKwète (« Poursuis et atteints »).
Sous son règne, les Bamouns entrent en contact avec la colonisation allemande (1885-1916), puis française après la Première Guerre mondiale.
Pour en savoir plus :
du 31 mai au 2 juin au Théâtre de la Ville de Paris place Châtelet pour le programme de la Route des Chefferies par Sylvain Djache Nzefa

Le palais de Foumban (inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO) construit par le roi Njoya